L'Australie Réfléchir

Le chemin

25 janvier 2016

Voilà. Ça y est. On y est. Après avoir rêvé de mon voyage pendant des mois, cassé les oreilles de toute ma famille avec mon projet, passé des heures à retourner l’internet tout entier pour obtenir des informations et des témoignages… Le moment est enfin arrivé.

Aujourd’hui, lundi 25 janvier 2016, j’ai pris conscience de l’imminence de mon départ pour l’Australie.

Ce weekend encore, je quand je pensais à ce voyage, il m’apparaissait comme un beau projet. Un sujet de conversation passionnant, un rêve que je racontais depuis le lycée. Cette époque où je m’étais comme objectif d’entrer dans le monde du travail en ayant travaillé un an en alternance (check) et après avoir passé un an à l’étrange. Je trouve ça presque irréel de penser que je suis à la veille (enfin, presque) de réaliser cet objectif formulé par la petite Marion de 17 ans. Je me suis fixé ce but quand j’étais en Terminale. J’avais hâte de commencer mes études mais je ne savais pas où la vie allait me mener. Je n’avais aucune idée des rencontres que j’allais faire pendant ces années universitaires (géniales, pour la plupart), ni des décisions que j’allais prendre (je n’en regrette aucune). Je me suis accrochée au projet que j’avais formé pour ces deux années comme à une encre, un point de repère dans ce nouveau chapitre qui m’amènerait vers la jeune femme épanouie que j’allais devenir.

Je me souviens qu’à cette époque, on recevait beaucoup de conseils. Le discours bien huilé des profs, celui plus terre-à-terre des professionnels qui interviennent dans les salons étudiants, les articles alarmistes des médias spécialisés qui parlent de chômage et de pénurie de l’emploi… Face à tout cela, j’ai pris du haut de mes 17 ans, la décision calme et raisonnée que je devais consacrer une année de mes études à l’alternance et une autre à la vie à l’étranger. C’était pour moi le seul moyen de faire face à l’inquiétude que je ressentais vis-à-vis de tous ces signaux négatifs. Je savais que je m’engageais dans une voie professionnelle à forte concurrence, et ceux qui me connaissent savent à quel point l’esprit de compétition m’était étranger à l’époque. J’éprouvais donc le besoin de me dire que j’allais mettre toutes les chances de mon côté. Ainsi, quand serait venu le moment « d’être grande » (= vivre dans mon propre appartement, avoir un métier et des responsabilités), je serais armée pour faire face à la vie d’adulte.

Aujourd’hui, je suis plus proche de ma vie d’adulte que de la lycéenne que j’étais il y a 5 ans. Et quand je me retourne sur ces années passées, je suis encore surprise de découvrir à quel point la vie est un chemin. Je disais que je voulais faire une année d’études en alternance sans même savoir si ce projet me tiendrait toujours autant à cœur à la fin de ma licence. Je ne savais pas combien ces formations sont rares dans le monde universitaire de la communication et je n’avais pas conscience de la compétition pour intégrer ces parcours. Et pourtant, cette année en alternance a probablement été la plus enrichissante de ma vie.

Quand je regarde en arrière, je ne me souviens pas d’un moment précis où j’ai pris une décision de manière consciente. Je ne me rappelle pas avoir dit « C’est que je vais aller et pas ailleurs ». J’ai plutôt l’impression d’avoir toujours tenté ma chance entre plusieurs options qui me plaisaient (bon, certaines plus que d’autres) et d’avoir attendu la réponse qui m’indiquerait ma prochaine direction.

C’est cette impression de non-choix qui m’a suivie ces derniers temps. J’avais le sentiment d’avoir parcouru mes années d’études sans autre mérite que celui de l’avoir fait. Comme si la préparation de mon année passée en alternance et mon voyage faisaient tout deux partie d’une suite logique vers l’épanouissement. Et aujourd’hui, alors que je faisais mes courses, je me suis rendue compte que ce n’est pas seulement un idéal à atteindre.

Mon année de Master en alternance est un accomplissement et je peux être fière de l’avoir réalisé. Et mon départ en Australie n’est pas simplement un projet à utiliser pour impressionner les gens autours de moi, c’est ma prochaine prouesse.

J’ai déjà une valise qui prend tout l’espace de ma chambre (au moins !), mon visa et un billet d’avion… Mais il m’aura fallu tout ce temps non seulement pour prendre conscience que je vais vraiment partir, mais aussi que ce départ n’est pas le fruit du hasard. C’est le résultat de mes propres choix, avec toutes les responsabilités et angoisses que cela peut générer. Et tout cela est possible car la personne que je suis aujourd’hui a su se donner les moyens de partir passer un an de l’autre côté de la Terre. Tout comme la personne que j’étais il y a 1 an a été capable d’intégrer un master sélectif en alternance.

Cette révélation s’accompagne de fortes émotions et de nombreuses questions qui se bousculent dans ma tête. Mais quelle joie que de prendre conscience que toutes les opportunités qui s’ouvrent à moi ne sont pas uniquement liées à la chance. Quelle grâce de comprendre que j’ai construit mon propre chemin pour arriver jusqu’ici ! 

Départ, J -28

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6 Comments

  • Reply Maryamwhoop 3 février 2016 at 14 h 56 min

    Tu peux être fière de toi. Moi en tout cas, je suis très fière de toi !
    Profite de ton voyage et de toutes ces belles expériences pour t’enrichir, faire de belles rencontres et découvrir un tas de nouvelles choses qui te permettront de garder un merveilleux souvenir de tes années de jeunesse, le genre de souvenirs que tu seras trop fière de raconter à tes enfants et tes petits-enfants, et le genre de souvenirs qu’on pourra partager ensemble autour d’un bon dîner dans un resto trop sympa dès qu’on se retrouvera à Paris.

    Et surtout, n’oublie pas d’écrire ! Et de nous raconter tes aventures ici, ce blog est un beau projet qu’on sera nombreux à suivre !

    • Reply Marion 11 février 2016 at 23 h 53 min

      Ma petite Maryam, je ne sais même pas comment te remercier pour ton adorable message… J’ai déjà pleins de supers souvenir de « ma jeunesse » avec toi que je raconterai à mes petits enfants, mais je te promets que tu auras touuus les détails en live dès qu’on se retrouvera toutes les deux sur le même continent ! En attendant, je te dis merci ♥

  • Reply MUM 23 février 2016 at 17 h 44 min

    Ma fille, quelle fierté emplit mon cœur de mère ! Aujourd’hui, tu prends ton envol, au sens propre comme au figuré (j’écris ces lignes alors que tu es dans l’avion, je dois dire que je respirerai mieux quand tu seras posée sur le bon vieux plancher des vaches, même avec la tête en bas … ). Trace ton sillon, avance dans la vie. Tu n’as pas besoin de regarder en arrière, car c’est ton passé qui t’a façonnée et qui te pousse vers l’avant. Tu es forte de tes acquis. Tu as des racines qui ne sont pas de nature à t’empêcher de te déplacer mais de celles qui, en élargissant le socle des tes connaissances, te permettent d’avancer.
    Et tu n’as pas fini de « connaître »! Je pense que la vie entière est un chemin. Je m’en étonne (avec ravissement) chaque jour… ou presque !
    Bon, donne-nous vite des nouvelles depuis le bon vieux plancher des v… kangourous ! <3

    • Reply Marion 5 mars 2016 at 0 h 25 min

      Ohhh mummy ton message m’a beaucoup émue ! Je dois dire que j’ai attendu quelques jours après mon arrivée pour répondre (et donc encore plus pour répondre !). Promis, je n’oublierai pas mes racines – ni celles qui m’attachent à la famille, à la France, ni mes racines de coeur. Loads of love from Australia !

  • Reply Yanou 2 juin 2016 at 12 h 00 min

    Premier article enfin lu, en train de rattraper mon retard. En tout cas, ça me donne envie de te suivre sur ce chemin..! Merci de tous tes partages 🙂

    • Reply Marion 14 juin 2016 at 12 h 34 min

      T’es mignonne Yanou 🙂

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